La Côte de Lorry vers 1930
Eglise et Côte vers 1930

Les blockhaus
Côte de Lorry : blockhaus

Les pins des années 1930
pins des années 1930 (07-2008)


Petite histoire des côtes de Lorry-Mardigny

Ces espaces dominant les deux villages, espaces appartenant aux communautés villageoises puis aux communes, ont toujours contribué à l'économie locale par différents facteurs.

Un espace de pâturage

Depuis le Moyen Age, les troupeaux communaux étaient conduits sur les côtes. Entre les deux guerres mondiales, des troupeaux ovins venaient d'Alsace jusqu'à Lorry-Mardigny. Enfin, depuis la seconde guerre mondiale, deux exploitants agricoles se sont succédé pour poursuivre l'utilisation de cet espace pour l'élevage extensif, lui conservant ainsi toute la richesse floristique et faunistique d'une pelouse calcaire.
Le dernier seigneur de Lorry avait imposé à la communauté de Lorry, peu avant la Révolution française, un échange de terres contre des communaux, entraînant la mise en culture d'une petite surface du plateau de la Côte de Lorry ; cette culture vivrière n'a duré qu'à peine plus d'un siècle.

Un essai de plantation de pins
Dans les années 1930, la commune a tenté de planter des pins à l'est du plateau de Lorry. Cette tentative se révélant peu concluante n'a pas été étendue en surface mais les pins plantés sont toujours là.

L'exploitation de la pierre
La pierre calcaire des côtes de Lorry-Mardigny est exploitée depuis longtemps. Les moellons qu'elles fournissaient ont probablement servi à construire les églises et les maisons des deux villages. Des fours à chaux ont fonctionné jusqu'au XIXe siècle. Entre les deux guerres mondiales, la pierre des côtes, concassée, a été utilisée dans la fondation des routes nouvellement goudronnées du secteur. Les carrières anciennes étaient ouvertes sur le plateau de la côte.

L'exploitation du fer
Parmi les couches qui constituent le relief de la côte à Lorry, on trouve du grès ferrifère. Dans l'enthousiasme des débuts de l'industrialisation, on a même tenté d'exploiter dans les années 1860 ce modeste filon de fer, en galeries. La couche concernée étant peu épaisse, cette exploitation ne pouvait se développer.

Un espace militaire
La Côte de Lorry a aussi été investie par les militaires à plusieurs reprises dans un passé récent.
Pendant la première annexion allemande, de 1871 à 1918, Lorry-Mardigny se trouvait à la frontière germano-française et les côtes, dominant ainsi la vallée de la Moselle et l'horizon ennemi, ne pouvaient qu'entraîner une fortification de cette zone de la part des Allemands. Cette frontière, comme la limite départementale actuelle, passait en contrebas d'Arry, dans la vallée, puis elle traversait l'avant-côte entre Vittonville et Mardigny pour gagner ensuite la vallée de la Seille.
Une ligne de chemin de fer traversant le bois de Sillegny-Lorry-Mardigny parvenait, en cul de sac, jusqu'à la côte de Mardigny, permettant le transport de troupes et d'armes.
Des tranchées ont été creusées en bordure de talus sur la Côte de Lorry. Elles sont toujours visibles par le promeneur aujourd'hui. Les casemates bétonnées disparaissent peu à peu dans la végétation à l'exception du "solitaire" dominant la dépression de la carrière : il a résisté à tous les efforts du carrier pour le faire exploser.
Pendant la période 1950-1965, une base de l'armée de l'air canadienne a été aménagée sur le plateau. Seules les fondations des bâtiments sont encore visibles sur le plateau.

Un espace de loisirs, de rassemblement

C'est sur le plateau de Lorry que le club local de football a joué pendant les années 1950 et 1960. Et c'est aussi sur cette hauteur que l'on allumait le feu de la Saint-Jean le 24 juin, guettant un à un tous les feux allumés dans les villages de la vallée de la Seille.

La carrière moderne 

Une carrière à flanc de coteau a été ouverte pour la construction de l'autoroute A31 au début des années 1970. Elle a peu à peu défiguré le site. Passée la période "d'utilité publique", un carrier a repris le site. L'exploitation s'intensifiant avec les années, la population de Lorry-Mardigny et des villages alentours subissait de plus en plus de nuisances. Passage des camions, défiguration du site, menace sur l'approvisionnement en eau potable, perte d'un site naturel dont on commençait enfin à mesurer la richesse, sont autant de facteurs qui ont rallié la majorité de la population contre la carrière. En 1989, alors qu'à l'occasion d'un renouvellement de bail, la carrière devait s'étendre davantage vers l'est, les habitants de la commune, soutenus par certaines communes voisines, se sont mobilisés et ont obtenu du Préfet de région l'arrêt de l'exploitation de cette carrière.  

Un site naturel protégé et un espace de promenade

Aujourd'hui, la côte est un site protégé sur lequel les activités sont réglementées pour préserver sa richesse biologique. C'est un espace traversé par un sentier de randonnée et partagé entre un pâturage pour un troupeau de moutons et un sentier pédagogique mis en place par le Conservatoire des Sites Lorrains pour permettre la découverte d'un espace très riche en fleurs et en insectes.


Contact   |   Commission Patrimoine   |  Hébergement du site : 1&1   |  Réal. et photogr.  : Anne-Marie Dufour  |  création nov. 2000   | Page mise à jour le 20/05/2009