1926. Restauration de la chapelle N.D. de la Salette

La chapelle Notre Dame de la Salette, entre Lorry-Mardigny, a été érigée en 1881 par une descendante de la famille Chazelles. Elle échappa aux obus de la Première Guerre mondiale mais pas à l’occupation par des militaires. Voici comment fut restaurée cette chapelle en 1926.

Le Lorrain, 01/10/1926, Limedia.kiosque

 

Extraits de l’article :

Lorry-Mardigny

Relèvement de sanctuaires dévastés. — Les sanctuaires de la Sainte Vierge, répandus dans nos campagnes lorraines et victimes, comme les vivants, des dévastations de la guerre, se relèvent de leurs ruines, les uns après les autres. Deux d’entre eux se faisaient face à quelques kilomètres de distance, sur le front de bataille, l’un sur les hauteurs du Froidmont, près de Bouxières, l’autre sur la pente ci-devant allemande de la même montagne, près de Mardigny. C’est dire  déjà ce que ces deux monuments ont dû endurer pendant les quatre ans de la tourmente. Sur le Froidmont ce fut la ruine complète. (…) Mais le 9 septembre dernier, la foule était là pour l’inauguration de la nouvelle chapelle. (…) Le 21 septembre, c’était le tour de la chapelle de N.-D. de la Salette, toute voisine. Élevée, il y a environ trente ans, par les soins de la famille Berthelin, de Lorry, dans un coin délicieux du paysage charmant qu’est cette contrée, elle avait attiré, dès l’origine, les pieux villageois des environs. La guerre survint, et adieu la solitude et le silence si favorables à la prière et au repos à l’ombre des demeures de la Bonne Mère. Ce fut l’invasion et la profanation dès les premiers jours, et la chère chapelle devint un corps de garde pour les troupes allemandes pour toute la durée de la guerre. On peut devnier en quel état elle fut laissée à l’armistice. Cependant, malgré sa position isolée et sans abri en rase campagne, elle fut bien plus ménagée par les obus que sa sœur de Bouxières, de sorte que les réparations indispensables purent être limitées à l’intérieur et à la couverture. C’est à dessein que furent laissées intactes, pour souvenir, les glorieuses blessures faites à l’extérieur des murs et au portail, par les obus éclatant à proximité, tandis qu’à l’intérieur la petite porte du tabernacle, ébréchée et disloquée, continuera longtemps à prêcher à sa façon, le souvenir des mauvais jours. À part cela, grâce à l’activité du nouveau curé de Lorry, l’abbé Picard et à la charité de la famille fondatrice de la chapelle, un excellent peintre M. Przibilla, de Marly, donna à celle-ci une décoration si bien appropriée au style et à la situation du monument, que celui-ci vient de rertouver et au-delà, toute son ancienne élégance, de sorte que les deux chapelles-sœurs de Bouxières et de Lorry peuvent rivaliser entr’elles à tout point de vue. C’est avec une piété toute joyeuse que les braves gens de Lorry, de Mardigny, de Marieulles et environs, reprirent le 21 septembre le chemin de N.-D. de la Salette pour assister à la nouvelle bénédiction de la chapelle qui fut donnée par M. l’archiprêtre de Pournoy-la-Grasse.