Le GERAL : entraide et solidarité

Qu’ils aient été expulsés par les Allemands en 1940 ou évacués par l’armée française en septembre 1939, les Alsaciens Mosellans qui se trouvent dans les départements du Sud de la France pendant la Seconde Guerre mondiale sont tous des réfugiés. Loin de chez eux, au contact avec d’autres Français dont ils ne connaissent pas les coutumes, éprouvant souvent des difficultés pour trouver un logement décent ou un travail, ils se tournent vers le GERAL (Groupement d’Entraide des Réfugiés Alsaciens et Lorrains), une structure efficace à laquelle ils adhèrent très vite. Voici, dans un article de L’Écho des Réfugiés, journal du GERAL, un exemple des activités du GERAL dans le Gers, département qui accueillit tous “les Mardigny” et un groupe important d’habitants de Lorry.

L’Écho des Réfugiés, 10/07/1942, Limédia.fr

Dans le Gers

Le travail fécond du G.E.R.A.L. du Gers

AUCH – Le groupement départemental GERAL du Gers est l’un des mieux organisés de la ZNO (Zone Non Occupée). Son comité que préside M. S. Bardou, de Metz, est des plus actifs. Presque tous les réfugiés du département sont membres du groupement. Nous sommes heureux de pouvoir citer pour l’édification de tous nos compatriotes exilés et surtout de ceux qui ne sont pas encore groupés ou dont leurs groupements sont plutôt en sommeil, un résumé de l’activité du GERAL du Gers au cours de l’an dernier.

Le Comité a obtenu et mis au point d’accord avec le service des réfugiés, la distribution de deux contingents de pommes de terre aux réfugiés hébergés dans les communes rurales et dont les tickets d’alimentation avaient été supprimés.

Voici d’autre part un aperçu des principaux résultats obtenus par suite des interventions et suggestions du GERAL du Gers, près de son comité central de Clermont-Ferrand, ainsi que de ses nombreuses démarches particulières : mise en vente plus rapide des chaussures nationales dans le département du Gers ; rétablissement de l’indemnité de repliement aux fonctionnaires d’Alsace et de Lorraine ; rétablissement de l’indemnité de séparation aux mêmes fonctionnaires ; non déduction du montant de l’allocation, des pensions et retraites inférieures à 500 frs mensuellement ; nouvelle application d’une allocation différentielle aux réfugiés travailleurs ; création d’une caisse d’entr’aide et d’avances du GERAL du Gers ; distribution de pommes de terre aux réfugiés allocataires des communes rurales du département du Gers ; nouveau régime pour la délivrance des bons de vêtements et articles textiles pour les réfugiés allocataires ; échange de l’argent allemand ; restitution des titres se trouvant dans les banques repliées d’Alsace et de Lorraine ; facilités de fonctionnement des comptes de chèques postaux d’Alsace et de Lorraine ; primes pour création de jardins ruraux ; obtention de bourses par le S.N. ; obtention de nombreux secours en espèces et en nature, par le S.N. ; etc., etc. car ce n’est qu’une partie de ce que cette section du GERAL du Gers a fait pour nos compatriotes.

C’est là un exemple tangible de ce qu’un groupement peut faire, lorsqu’il peut se référer, dans ses démarches et interventions, de sa force de représentation de la généralité des réfugiés dans sa circonscription.

Aussi nous ne pouvons qu’engager tous nos compatriotes, encore réfractaires à l’idée de groupement, qu’une adhésion de leur part est indispensable au bien général, -alors qu’une abstention ignorante ou voulue par petit esprit, ne peut que nuire à tous.- Plus que jamais l’union générale est indispensable -et la section du GERAL du Gers fait un pressant appel aux retardataires. Qu’ils envoient leur bulletin d’adhésion et leur cotisation au trésorier de la section, chèques postaux Toulouse 624-25, Section GERAL Auch.